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Publié par Jean-Guy Lecat

Nouveau Théâtre Municipal d’Almada

 

Depuis cette date je suis retourné chaque année au festival, dirigé 3 ateliers pour de jeunes architectes et metteur en scène, et fait la scénographie de deux spectacle. Par hasard j’ai été raccroché à une équipe d’architecte pour l’élaboration du nouveau théâtre.    Jean-Guy Lecat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

C’est en 1999 que j’ai vu dans le bureau de Joaquim Benite accroché au mur les plans de son futur théâtre. Le projet selon moi présentait d’énormes erreurs qui compromettaient à coup sùr le bon fonctionnement du lieu. Joaquim me demanda alors si je voulais bien en discuter avec les architectes.
Quelques jours plus tard Manuel Graça Dias et Egas José Vieira, les deux auteurs associés du projet m’invitaient à discuter avec eux. Nous avons ensemble revisité les espaces un à un, exploré les problèmes liés à l’acoustique, notamment à l’isolation des salles les unes par rapport aux autres à la visibilité, au confort du public, des artistes et des techniciens, etc… autant de questions prioritaires pour moi qui avaient été négligé par cette équipe pourtant très concernée par le théâtre – Manuel G. Dias travaillant parfois même comme décorateur de théâtre.  Selon moi ce qui les avaient conduits était d’un ordre trop exclusivement esthétique.
A ce point du travail il m’a semblé important d’interroger Joaquim Benite sur ce qu’il voulait faire dans ce théâtre. Et j’ai compris alors où se situait le malentendu, les mots qui entre deux hommes de théâtre ont le même sens, ne sont pas toujours perçu et décryptés de la même manière à l’extérieure. Joaquim Benite par exemple avait fait la demande d’une salle expérimentale. Vue par les architectes elle était devenue une petite salle figée, avec des sièges et une scène. De plus elle était accolée à la grande salle, séparée d’elle par un simple mur !
Il fallait donc pour l’équipe d’architecte changer la destination de presque tous les espaces et leur adhésion à cette idée est venue de ce qu’il était possible de le faire sans trop modifier l’architecture extérieure. J’allais donc faire équipe avec eux. Deux donné étaient liées et déterminantes dans l’élaboration du projet, la topographie du terrain avec une très forte déclivité sur laquelle il avait appuyés la salle, ainsi qu’un budget réduit.
Au centre du site en forme de triangle nous avons dessiné de la partie la plus basse à la partie la plus haute un grand rectangle. Nous avons gardé la scène au niveau bas du terrain, c’est aussi la partie la plus large du site, proche d’une avenue d’accès facile  pour les livraisons et les décors. Le niveau de la scène et l’entrée des artistes étant déterminés par la hauteur du plancher des camions. L’entrée du public se ferait  au niveau haut du terrain, la partie la plus étroite du site, proche du centre ville et d’un parking.
A partir de ces paramètres les autres espaces se sont réorganisés logiquement suivant quatre  axes :
- Le premier axe central comprenait en partie haute du site : au rez-de-chaussée l’entrée du public, le foyer, le bar, la salle principale, au premier étage le restaurant/café concert ainsi qu’une salle d’exposition et au deuxième étage l’administration.
- Le deuxième axe latéral réunissait toujours en partie haute du site et sur un même  niveau le foyer du public les toilettes la librairie, la garderie d’enfant et la salle expérimentale,
- Le troisième axe, à l’opposé du bâtiment dans la partie basse du site, était constitué sur un seul niveau de l’entrée des artistes, des loges, de la scène principale et de la salle de répétition.
- Le quatrième axe était réservé pour les points de livraison, les ateliers et les espaces de rangement.
Joaquim Benite souhaitait pouvoir inviter dans son théâtre des spectacles traditionnels, des opéras et des compagnies qui nécessitent des espaces particuliers. Nous avons choisi d’avoir une salle et une scène fixes avec une bonne visibilité et une bonne acoustique pouvant recevoir dans de bonnes conditions, sans avoir à transformer l’espace, plus ou moins 90% des spectacles (Théâtre, danse, musique et opéras). Par ailleurs la scène même de la grande salle pourrait être transformée en salle de spectacle – le public ayant la possibilité d’y accéder directement - conçue dans une esthétique identique à celle de la salle, on retrouve là une idée récurante de Peter Brook, à laquelle j’adhère complètement, de réunir les deux espaces.
Dans le projet initial, comme je l’ai dit, un simple mur séparait la salle de spectacle de la salle expérimentale. Nous les avons séparés complètement, dans deux bâtiments distincts reliés par les loges et un jardin qui forment une barrière acoustique. Je pense en effet que la meilleure barrière acoustique et la moins chère est la construction, quand c’est possible, de deux bâtiments séparés ; la salle expérimentale se situe désormais au dessus de la salle de répétition au niveau de l’entrée du public, et la salle de répétition communique avec la grande scène. Ceci pour ne pas être confronté au problème rencontré par Peter Brook lorsqu’il a joué son spectacle Le Phénomène à la Schaubuhne de Berlin. L’horaire de son spectacle avait été déterminé en fonction des nuisances provenant des deux autres salles!
L’autre grand changement a été d’agrandir un peu la scène et de modifier la forme de la salle où certains spectateurs ne voyaient qu’une partie de la scène. Pour donner une plus grande  impression d’intimité, la salle carrée s’élargit en son centre et les allées latérales ont été repoussées derrière les murs de la salle. Ces murs sont de grands panneaux de bois rouge sur toute leur hauteur espacés d’un mètre. La pente de la salle étant, nous l’avons vu, déterminée par la déclivité du terrain, nous avons adouci la pente générale en remontant le premier rang de spectateurs au niveau de la scène et créé deux pentes. Lorsque M. G. Dias et E. J. Vieira ont voulu montré à J. Benite la nouvelle structure du théâtre, ils ont bricolé une petite maquette en styrofoam bleu sans prendre la précaution de la peindre dans les couleurs définitives. Joaquim ayant trouvé l’idée de la couleur bleu superbe, elle à été gardée !
§                            Superficie totale construite 8000m²,
                               Dans la salle trois galeries derrières les panneaux de bois de la salle et trois passerelles dans la salle permettent l’accrochage des lumières ou l’apparition d’acteurs. En fond de salle deux niveaux de régies sur toute la largeur de la salle pour la lumière, le son, les projections de cinéma/vidéo, les poursuites et un espace pour la traduction simultané ou pour un metteur en scène. Entre les passerelles des moteurs permettent de suspendre des rideaux ou des panneaux pour réduire la capacité de la salle (de 220 à 450 spectateurs) ou de la fermer complètement.                               Le plafond acoustique à été réalisé en isorel sa souplesse permettant touts les galbes souhaités, il est fixe.
                               La cage scène à deux peaux : les murs proprement dit en béton couvert d’une matière absorbantes et à environs 1m50 un autre mur composé des mêmes panneaux de bois rouge de H.13, 00m x L.1, 00m disposer tout autour de la scène.  Entre chaque panneau un vide d’un mètre sur toute la hauteur ? un tube vertical au milieu du vide permet de suspendre des projecteurs. A l’origine des panneaux mobiles identiques devaient permettre de fermer complètement la scène, le budget ne l’a pas permis. L’idée de ces panneaux est d’une part de créer une circulation fixe tout autour de la scène, d’autre part de pouvoir changer l’acoustique de la scène soit en ajoutant dans les vides des matériaux dure pour avoir une acoustique plus dure, soit à l’inverse en suspendant des matériaux absorbant, comme par exemple des rideaux,  pour avoir une acoustique plus mate. Les techniciens de théâtre ont beaucoup de qualité mais rare sont ceux qui ont une formation d’acousticien, il me paraissait important de leur donner des moyens simples pour répondre le mieux possible aux différents type de spectacles qu’ils seront amené à servir. J’espère que dans le futur les panneaux acoustiques prévue au dessus de la scène pourront eux aussi être budgétés. 
                               En fond de scène un élévateur dessert trois niveaux. La scène, le premier dessous praticable et un niveau de stockage de décors. Le dernier niveau est aussi celui de l’atelier de construction les décors arrivent directement sur scène ou dans la salle de répétition par cet élévateur. 
                               Le plateau de la fosse d’orchestre sert de prolongation de la scène jusqu’aux pieds des spectateurs mais également de prolongation du parterre.
                               Le parquet de scène est constitué de trappes posé sur des potelets l’ensemble pouvant totalement se démonter procurant avec l’élévateur une fosse d’environ 15 ,00m x 15 ,00m. On peut très bien imaginer un spectacle ou le public serait comme dans une arène le dernier rang étant au niveau de la scène, mais cela permettra surtout des apparitions ou creux dans les décors avec des entrées d’acteurs ou de chanteurs depuis les entrailles du théâtre.
                                Cage de scène : largeur scène 25m, profondeur 25m, Hauteur 24 m + 2,30 de faux gril.  Cadre de scène 15 ,00m x 10, 60m (rectangle d’or) réglable par un manteau mobile. 4 niveaux de passerelle, Equipes contre balancés, 1 pont mobile au cadre, équipes motorisées pour les lumières. J’ai fait ajouté un ascenseur desservant tous les étages des sous sol jusqu’au gril.
                                Connections son et vidéo partout dans la salle et sur scène.
     
                  Salle expérimentale 100 spectateurs, elle est tapissé de tubes de 0,49 de diamètre, derrière les tubes, tout autour de la salle, une circulation pour les acteurs. Dimensions de la salle entre les tubes 12,50m x 14,50 m. 
            
     Salle de répétition même possibilités et même dimension que la salle expérimentale. Un des quatre murs est entièrement vitré pour avoir la lumière du jour s’ouvre sur un patio avec plantes et bassin, pour se détendre,
               
Un café/restaurant/concert de 150m² avec accès du public séparé de l’entrée du théâtre  permetant de pouvoir fonctionner en dehors des heures d’ouverture du théâtre. Couloir donnant accès directement aux loges pour les artistes. Possibilité d’accroche sur toute la surface du plafond. 
                    Et aussi : une cafétéria 70m² + 95m² de terrasse, une salle de vidéo 30m², une galerie d’exposition 50m², une garderie d’enfant, une librairie, un appartement pour les artistes invités. 

 

 J’ai rencontré Joaquim Benite, le directeur du théâtre et du festival d’Almada, en 1998 lorsqu’il a invité Le Phénomène spectacle de Peter Brook. Almada est la ville qui fait face à Lisbonne et qui est le siège du Christ Roi copie de celui qui domine la baie de Rio de Janeiro.

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